Avant de relater la fin de notre périple colombien, nous voulons vous faire part de l'incroyable aventure vécue ce samedi 18 novembre.

En Equateur depuis trois jours, à Otavalo, nous avons pris le bus 61, à 14 h 30, direction Quito (à une soixantaine de kilomètres de là). Alors que nous nous installions aux places 29 et 30, un souriant jeune homme a insisté pour placer notre petit sac à dos de voyage, ainsi que l'appareil photo de Johanne, sous nos sièges. Nous avons remonté l'appareil à la surface, laissant le sac à nos pieds. 

Tout se passait pour le mieux et notre sieste familiale débutait sereinement.

Seulement, une trentaine de minutes après le départ, une femme nous interpelle vigoureusement en nous montrant notre sac, sans que nous saisissions grand chose. Elle réussit quand même à nous faire comprendre que nous avons été victimes d'un vol. Autour d'elle, tout le monde semblent concernés. Nous constatons effectivement qu'un téléphone, une liseuse numérique, ainsi que notre tablette de poche ont disparu. Quelques minutes auparavant, les présumés voleurs ont demandé au chauffeur de s'arrêter pour descendre précipitamment. S'ensuit un moment de flottement dans le bus.

C'est alors que le chauffeur arrête de nouveau son véhicule et une quinzaine d'hommes et d'adolescents descendent et se mettent à courir. Je (Julien) décide de les suivre, tandis que je (Johanne) reste dans le véhicule avec les enfants. 

La course-poursuite débute, avec en tête le contrôleur du bus, machette à la main. Mais aucun des suspects n'est en vue. La traque continue ensuite à travers champs, tandis que le bus fait marche arrière sur la Panaméricaine, au milieu des klaxons des autres véhicules.

Après une épuisante poursuite, deux jeunes femmes et deux jeunes hommes sont rattrapés sur le bord de la route et identifiés par les passagers comme les auteurs du vol. La police est appelée. Mais les suspects se défendent ardemment, montrant leurs sacs vides et soulevant leur t-shirt. A l'arrivée des forces de l'ordre en nombre (au moins quatre voitures et plusieurs motos), l'un d'eux se plaint (abusivement) d'avoir été agressé à la machette (qui a curieusement disparu). 

Finalement, après de nouvelles recherches (par les riverains, la police et les passagers du bus), nos trois objets sont retrouvés dans un jardin avoisinant, où ils avaient sans doute été jetés. Heureux, nous pensons alors reprendre la route vers Quito avec nos nouveaux amis. Un voeu pieux...

Les policiers ne sont en effet pas enclins à nous rendre notre matériel. La procédure impose que nous allions d'abord déposer plainte. Nous remercions  rapidement les occupants du bus, récupérons nos nombreux bagages dans la soute et montons à bord de deux véhicules de police. Nicole, une jeune indigène de 18 ans, témoin du vol et participante de la course-poursuite à travers champs, est aussi du voyage. Quant aux quatre voleurs présumés, désormais menottés, ils nous précèdent.

Une fois au commissariat, la police nous explique que nous ne pourrons récupérer nos affaires que le lendemain, après une audience prévue dans la matinée. Ceci à la seule condition de déposer plainte. Au bout d'une demi-heure, un officier de police judiciaire arrive et embarque avec lui Johanne, Irène et Nicole jusqu'à un autre commissariat, à Cayambe. 

Les filles seront de retour à... 19 h. Entre temps, nous avons annulé notre réservation à Quito (où les policiers étaient prêts à nous déposer et à venir nous rechercher le lendemain matin). En fin de compte, ils proposent de nous conduire dans un hôtel tout proche.

Pour nous, l'histoire se termine provisoirement et très confortablement dans la piscine, le jacuzzi et le bain turque de l'établissement. Là, nous rencontrons d'autres vacanciers : une mère et sa fille originaires de Quito, ainsi que le mari texan de la jeune femme. Eux aussi ont atterri contraints et forcés à l'hôtel. La route permettant l'accès à leur maison étant barrée à partir de 18 h (ce qu'ils ignoraient), en raison d'une cérémonie religieuse. 

Seul petit souci : il y a un mariage dans l'hôtel et, à minuit, un orchestre se met (très bruyamment) à jouer. Suivi d'un mini feu d'artifice.